TEAM & organisation

Ce film a été réalisé par une équipe de bénévole réunie par l’indignation et portée par la volonté de dénoncer des réalités révoltantes. 

Les personnes de l’équipe du film sont présentées ici dans l’ordre de leur apparition dans le projet.

Arthur Levivier – caméra, réalisation et montage.

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Ce film n’était pas du tout prévu. En octobre 2016, Florence Roy de Salam Quand même me demande de me rendre à Calais pendant l’expulsion de la « jungle » pour réaliser des entretiens. C’est la première fois que je mets les pieds là-bas et que je rencontre des personnes en exil. Immédiatement, je suis sidéré par la tournure des évènements :  ce que le gouvernement décrit comme une « opération humanitaire » est fait une violente expulsion. Ce dont nous sommes témoins sur place est bien différent de ce que nous donne à voir les massmédias. J’oublie vite la raison de ma venue et commence à filmer dans l’idée de transmettre une réalité. Je reste une semaine quasiment 24h/24 dans la « jungle », mais la tension sur place ne permet pas de véritables rencontres et je filme surtout des « images d’action ».

De retour à Paris, je décortique ces images, je me documente sur le sujet, tentant de trouver du sens… Je décide de retourner à Calais en juin 2017 pour voir quelle est la situation sur place 8 mois après l’expulsion et recueillir plus de témoignages. On me raconte alors le harcèlement et les violences policières mais celles-ci sont presque impossible à filmer sans une organisation particulière. Je reviens donc un mois en août équipé de caméras cachées et de caméras de chasse. Après ça, 5 mois de travail intense derrière la table de montage aboutiront au film Regarde Ailleurs.

En tout j’ai passé un an et demi à faire ce film, entrecoupé de quelques petites périodes de jardinage pour le financer.

Angie Mathieu – Co-équipière de terrain.

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Angie est venue avec moi lors de l’expulsion du camps. Nous avons découvert ensemble un monde que nous ne connaissions pas. L’Etat avait mis en place un système d’accréditation afin de décider qui pourrait ou non se faire témoin de cette expulsion. Sans accréditation, la peur de l’arrestation nous accompagnait à chaque instant. Angie m’a été un soutien indispensable. Les yeux derrière mon dos, elle m’a donné confiance et courage pour filmer cette expulsion.

Ismael – Un hôte imprévu.

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Nous ne savions pas où dormir dans la « jungle » mais nous avons rencontré Ismaël, qui tout de suite, nous a installé dans une caravane grand luxe. Sans la rencontre fortuite d’Ismael et son hospitalité spontanée, nous n’aurions peut-être pas pu rester sur le camps et le film n’aurait pas été le même.

Filippesi Lanzardo, Keru, Monica, Stefano, Julien, Manu et Fanny collègues de terrain, musicien et préteurs d’images.

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Pendant l’expulsion, une multitude de choses se passaient à différents endroits, au même moment. A plusieurs reprises, ces collègues de terrain ont filmé là où je n’étais pas ou là où je ne pouvais pas aller. Par exemple, Filippo, munit de sa carte de presse, a pu filmer les hangars d’où partaient les bus auxquels je n’avais pas accès.  Au montage, nos images réunies ont permis de raconter le visible et l’invisible de cette expulsion. 

Le collectif 23 – Notre bureau à Paris.

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De retour à Paris, nous avons pu travailler dans de bonnes conditions grâce au Collectif 23 qui a invité Activideo à implanter ses bureaux dans leur squat. Ce squat est malheureusement fermé depuis mai 2018.

Etienne Millès-Lacroix – Le Guide.

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De retour à Paris, Etienne était là. Il m’a accompagné tel un guide, tout au long de ce processus de création. Il a été le réceptacle de mes frustrations, de mes colères et mes doutes. Son regard et son écoute m’ont permis de prendre le recul nécessaire sur ce que j’avais vécu là-bas et sur les images que j’en ai sorti.

 

 

Sophie Djigo – L’enseignante.

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De retour de Calais, le livre de Sophie Les migrants de Calais m’a aidé à comprendre le fonctionnement de la politique de non accueil et de sa stratégie de dissuasion. Nous avons échangé sur la première version du film. Il s’agissait d’une immersion avec un groupe de militant dit « No Border » laissant peu de place à la parole des exilés. Sophie m’a fait prendre conscience de cela et m’a motivé à retourner à Calais pour donner la parole aux premiers concernés. 

Adam, Henok, Sissay, Elias, Facil,  Natty, Querenzo, Gaddisa, Milippa, Fera, Hewan, Axar, Abdulhadi, Prince Hassan and his friends 

A travers ce film, j’ai surtout eu la chance de faire des rencontres humaines fortes et de croiser le chemin d’hommes et de femmes qui ont boulversé mon existence. Merci à eux, véritables guides et collègues dans la nouvelles « jungle », ils ont permis au film d’être vrai et humain.

Adam est le premier à m’avoir accordé sa confiance. Il a partagé son histoire, m’a ouvert des pistes et des horizons marquants.

Henok, Sissay, Elias, Facil,  Natty, Querenzo, Gaddisa, Milippa, Fera, Hewan, Axar, Abdulhadi, Prince Hassan and his friends 

8. Welcome to the jungle

Ces personnes ont eu confiance en moi et en mon travail. Ils ont accepté de me raconter une partie de leur parcours et m’ont ouvert les portes de leur monde provisoire. Tous ont partagé avec moi un quotidien éprouvant. Certains se sont confiés à la caméra, d’autres m’ont aidé dans le travail de traduction, d’autres encore m’ont aidé à installer des caméras de vidéo-surveillance… Chacun d’entre eux a saisi l’importance de faire ce film, incarnant sa nécessité. Comprenant sa portée, tous m’ont ainsi donné suffisamment d’énergie pour le faire.

Jérémie Jacquemin – Le calaisien au grand coeur et (un peu) taré.

Jeremie a été profondément et depuis longtemps impliqué dans cette lutte. Tellement impliqué qu’il est devenu important pour lui de prendre ses distances pour se préserver un minimum. Pourtant, lors de mes retours à Calais en juin et août 2017, Jérémie m’a hébergé et a accepté de partager son expérience. Il m’a guidé à travers l’historique de Calais et m’a permis de bien saisir ce qui ne se raconte pas, ni à la télévision, ni dans les livres… Il m’a éclairé dans la compréhension du positionnement de certains calaisiens en m’expliquant ce que peut être la vie à Calais. Jérémie m’a aussi montré qu’à Calais, beaucoup de gens s’impliquent et ainsi autant s’oublient eux-même, pour défendre les autres.

Pierre Athes – Connaisseur anonyme et coéquipier de terrain.

Pierre a vécu un an et demi sur le camps avant sa destruction. D’abord bénévole pour une grosse ONG et ensuite militant solidaire proche du mouvement No Border, il avait une bonne connaissance du terrain et un regard avisé sur le fonctionnement des associations. Après une première rencontre pendant l’expulsion, j’ai re-contacté Pierre pour avoir son avis sur l’évolution du film et les paroles recueillies lors des entretiens. Aussi m’a-t-il rejoint à Calais en août, m’apportant un soutien précieux sur le terrain. Avec l’aide d’autres militants solidaires, nous nous sommes organisés pour installer des caméras de vidéo-surveillance et faire des veillés dans des buissons afin de piéger la police.

Sophie Bastian – La monteuse.

Sophie, ma cousine, a supporté mon caractère parfois exécrable et a fait preuve d’une patience admirable pour faire le montage de ce film avec moi. Son expérience de monteuse et son regard extérieur ont été indispensables à la création du film. Elle a aussi donné un gros coup de main avec les sous-titres et l’inscription du film en festival.

Mes Parents – Les hôtes et supporters de la post production.

A la fin du film, Paris est devenue trop oppressante. C’est chez mes parents, au calme en Seine et Marne que c’est fait la deuxième partie du montage.

Grégoire Terrier a composé une bonne moitié des musiques du film.

Noelie Chelle est arrivée dans l’équipe une fois la création du film terminée. Elle a donné une énergie nouvelle et m’a re-motivé et aidé pour une partie du travail de diffusion.

Claire Berriet et Pierre-Yves Hossepied se sont respectivement occupés du montage et du mixage son. Tous les deux ont aussi accepté de travailler gratuitement alors que nous ne nous connaissions pas. J’espère que nous continuerons à travailler ensemble.

Victor Muzet-Herrström s’est occupé du design graphique du film sans compter ses heures de travail.  Il a notamment fait l’affiche du film, la mise en page des dossiers de présentation, le communiqué de presse, des flyers, la jacquette DVD…

N’oublions pas, les amis traducteurs et traductrices qui ont permis à ce film d’être traduit en 4 langues aujourd’hui. Audrey Arjoune, Benjamin Carde, Sheriday Sayer, Patrick Green et Jeremy Daly se sont occupés des sous titres anglais. Patrick Green a aussi donné un coup de pouce à la diffusion en Angleterre. Yousif A Haliez Kiddo et Aboalgasim Abaker ont travaillé sur la traduction en arabe. Et Linda Bergamo, Stefano Lorusso et Charlotte Pelegrin ont fait les sous titres italien.